Le gouvernement britannique a ordonné samedi une enquête sur la « résilience énergétique » du pays après qu’un incendie dans une sous-station électrique a paralysé l’aéroport d’Heathrow pendant près d’une journée.  Le chaos aérien a suscité des inquiétudes quant à la capacité du Royaume-Uni à résister aux catastrophes ou aux attaques contre des infrastructures critiques.

Si l’aéroport d’Heathrow affirme être désormais « pleinement opérationnel », des milliers de passagers ont été bloqués et les compagnies aériennes ont averti que de graves perturbations dureraient plusieurs jours, alors qu’elles s’efforcent de relocaliser les avions et les équipages et d’acheminer les voyageurs vers leurs destinations.

« C’est une immense honte pour l’aéroport d’Heathrow. C’est une immense honte pour le pays qu’un incendie dans une seule sous-station électrique puisse avoir des conséquences aussi dévastatrices », a déclaré Toby Harris, membre du Parti travailliste et président de la Commission nationale de préparation, un groupe qui milite pour une meilleure résilience. « Des questions se posent sur la façon dont (cet incident) s’est produit et sur les mesures à prendre pour éviter que les perturbations d’ampleur que nous avons constatées ne se reproduisent », avait également indiqué auparavant un porte-parole du Premier ministre britannique, Keir Starmer, après la paralysie de l’activité aérienne sur la principale plateforme du Royaume-Uni.

Dans une interview accordée au Financial Times, John Pettigrew, PDG de National Grid, l’entreprise de réseau électrique, a qualifié l’incendie survenu dans une sous-station de Hayes et la panne de courant qui a suivi d’événement « sans précédent », laissant entendre que Heathrow disposait d’autres options d’alimentation électrique. « Deux sous-stations étaient toujours disponibles pour les entreprises de distribution et Heathrow », a déclaré Pettigrew au Financial Times. « Les sous-stations ne manquaient pas de capacité. Chacune d’elles peut fournir suffisamment d’électricité à Heathrow. » « La perte d’une sous-station est un événement unique, mais il y en avait deux autres disponibles. C’est donc un niveau de résilience remarquable », s’est-il défendu. En réponse aux commentaires de Pettigrew, l’aéroport d’Heathrow a déclaré que « son point de vue confirme qu’il s’agissait d’un incident sans précédent et qu’il n’aurait pas été possible pour Heathrow de fonctionner sans interruption ». « Des centaines de systèmes critiques de l’aéroport ont dû être mis hors tension en toute sécurité, puis redémarrés systématiquement et en toute sécurité. Compte tenu de la taille et de la complexité opérationnelle d’Heathrow, redémarrer les opérations en toute sécurité après une perturbation de cette ampleur constituait un défi majeur », a indiqué l’aéroport dans un communiqué.

Heathrow a été fermé pendant 16 heures, ce qui a perturbé le trafic pour des milliers de passagers à travers le monde suite à l’incendie d’une sous-station voisine, qui a coupé l’alimentation électrique de l’aéroport. Plus de 1 300 vols au départ et à l’arrivée ont été annulés au cours de la journée d’hier, impactant quelque 200 000 passagers, dont la moitié devaient voler sur British Airways.

Le secrétaire à l’Énergie britannique, Ed Miliband, a déclaré avoir demandé à l’opérateur national du système énergétique, qui supervise les réseaux de gaz et d’électricité du Royaume-Uni, d’enquêter d’urgence sur l’incendie afin de tirer les leçons les plus larges sur la résilience énergétique des infrastructures nationales critiques. L’opérateur devrait rendre ses premières conclusions d’ici six semaines.

 

Fermeture de Londres-Heathrow : la polémique enfle sur la résilience énergétique du pays 1 Air Journal

©LHR / David Dyson